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Pas à pas

Broderie débutant : les points faciles

La broderie est la seule technique de fil qui ne demande ni patron, ni mesure, ni ajustement. On tend un tissu, on choisit trois couleurs, on commence dans un coin. Quatre points suffisent à couvrir n'importe quel motif, et le quatrième n'est même pas indispensable.

Niveau premier essai Une soirée pour les quatre points Moins de dix euros de matériel

Tambour à broder en bois tenant une toile écrue sur laquelle un motif floral est brodé au point de tige et au point de bouclette
Trois couleurs, quatre points, un motif complet
L'essentiel en cinq lignes
  • Le coton mouliné se compose de six brins : on en sépare trois pour la plupart des travaux.
  • Le tissu doit être tendu comme une peau de tambour, sinon les points tirent et froncent.
  • Point avant pour les contours pointillés, point de tige pour les lignes continues, point de bouclette pour les pétales.
  • Une aiguille à broder a un chas long et ovale : une aiguille à coudre effiloche le mouliné.
  • On ne fait jamais de nœud à l'arrière : on glisse le fil sous les points déjà brodés.

Ce qu'il faut sur la table

Un tambour en bois ou en plastique de 15 à 20 cm de diamètre, quelques écheveaux de coton mouliné, une aiguille à broder n° 3 à 5, une petite paire de ciseaux pointus, et un morceau de toile de coton assez serrée. Un vieux drap, un torchon ou une chute de popeline conviennent parfaitement pour s'exercer. L'ensemble tient sous dix euros, et le tambour resservira des années.

Pour reporter un motif, le plus simple reste la fenêtre : on scotche le dessin sur la vitre, le tissu par-dessus, et la lumière du jour fait apparaître le tracé qu'on repasse au crayon de papier ou au feutre effaçable à l'eau. Sur un tissu foncé, un crayon à craie blanc fait le même travail.

Les quatre points, dans l'ordre où on les apprend

  1. Préparer le fil et le tambour

    Coupez environ 45 cm de mouliné et séparez délicatement les brins un par un, même ceux que vous allez réunir : cela les détord et supprime les nœuds. Réunissez trois brins et enfilez. Tendez ensuite le tissu dans le tambour en le tirant régulièrement tout autour avant de serrer la vis, jusqu'à ce qu'il résonne quand on le tapote.

  2. Le point avant

    Une ligne de tirets réguliers : l'aiguille entre, ressort quelques millimètres plus loin, et ainsi de suite. Points de 3 mm et espaces de 2 mm donnent un rythme agréable. Il sert aux contours légers, aux quadrillages et aux motifs pointillés, et c'est aussi la base du sashiko japonais.

  3. Le point de tige

    La ligne continue, celle qui dessine les tiges de fleurs et les écritures. L'aiguille ressort toujours à mi-chemin du point précédent, en gardant le fil du même côté de la ligne, toujours le même. C'est cette règle du même côté qui donne la torsade régulière caractéristique ; si le fil change de côté, la ligne devient irrégulière et on ne comprend pas pourquoi.

  4. Le point de bouclette

    Le pétale, la feuille, l'écaille. L'aiguille sort d'un point, rentre au même endroit en laissant une boucle, ressort à quelques millimètres en passant à l'intérieur de la boucle, puis se pique juste au-delà pour la fixer. Cinq bouclettes autour d'un centre commun donnent une fleur complète en deux minutes.

  5. Le point de nœud

    Le facultatif, celui des cœurs de fleurs et des yeux. L'aiguille sort du tissu, on enroule le fil deux fois autour de l'aiguille, on maintient la tension avec le pouce, et on repique juste à côté du point de sortie, jamais dans le même trou. Le nœud reste en surface. C'est le point qui demande le plus d'essais, et le seul qui vaille la peine d'être répété vingt fois sur une chute.

  6. Démarrer et arrêter proprement

    Au tout début, laissez dix centimètres de fil libre à l'arrière et maintenez-le sous vos premiers points. Ensuite, chaque nouveau fil se glisse sous quelques points déjà brodés à l'envers, sans nœud. Un envers sans nœuds ne fait pas de bosses sous le tissu et ne s'accroche pas au lavage.

Combien de brins, pour quel effet

Choix du nombre de brins de mouliné
BrinsEffetUsageAiguille
1 brinTrait très fin, presque un crayonDétails, visages, écriture fineN° 9 à 10
2 brinsFin et netContours délicats, monogrammesN° 7 à 8
3 brinsLe réglage passe-partoutLa plupart des motifsN° 5 à 7
4 brinsTrait marquéGrandes lignes, remplissages rapidesN° 4 à 5
6 brinsÉpais, très couvrantBroderie sur denim, gros motifsN° 3
Broder sur un vêtement

Sur un tee-shirt en jersey ou sur une maille, le tambour ne suffit pas : le tissu s'étire et le motif se déforme. Thermocollez un carré d'entoilage léger sur l'envers avant de commencer, il stabilise la zone et le motif reste net après lavage. Sur un jean, l'entoilage devient inutile, le denim étant déjà assez stable : pensez seulement à ne pas broder à travers les deux épaisseurs d'une poche.

Les erreurs qui se voient tout de suite

  • Un tissu mal tendu. Les points tirent, le motif fronce et rien ne se rattrape après coup. Retendez toutes les vingt minutes, le tissu se détend en travaillant.
  • Le fil du mauvais côté au point de tige. La ligne perd sa torsade et devient irrégulière par endroits.
  • Des nœuds à l'arrière. Ils forment des bosses visibles à travers un tissu fin et se défont au lavage.
  • Un fil trop long. Au-delà de cinquante centimètres, le mouliné s'effiloche à force de traverser le tissu et perd son brillant.
  • Un feutre non effaçable pour le report. Le tracé reste visible entre les points brodés, définitivement. Crayon de papier léger ou feutre effaçable à l'eau, toujours testé sur une chute.

Questions fréquentes

Quel tissu pour broder quand on débute ?

Un coton uni de tissage moyen, ni trop serré ni trop lâche : la popeline, la toile de coton et le lin léger se percent facilement tout en tenant le point. Évitez le jersey au début, qui s'étire, et les tissages très serrés comme certaines toiles à voile, qui fatiguent la main.

Peut-on laver un ouvrage brodé ?

Oui, à la main dans une eau tiède avec un savon doux, ou en machine à 30 degrés dans un filet pour un vêtement. Repassez toujours sur l'envers, sur une serviette pliée, pour ne pas écraser le relief des points. Certains fils rouges et fuchsia dégorgent au premier lavage : testez un morceau de fil dans un verre d'eau chaude avant de broder du rouge sur du blanc.

Faut-il un tambour ?

Pour débuter, oui, franchement. Il libère les deux mains, maintient la tension constante et supprime les fronces. Certaines brodeuses expérimentées travaillent à main levée, mais elles ont acquis une régularité de tension qui demande des années. Un tambour de 15 cm coûte quelques euros et se replace au fur et à mesure sur les grands motifs.

Broderie et point de croix, est-ce la même chose ?

Non. Le point de croix se brode sur une toile à trous réguliers, en comptant les cases d'une grille : c'est un travail de report, très reposant, où le dessin est décidé d'avance. La broderie libre, dite traditionnelle, se fait sur un tissu ordinaire en suivant un tracé, et le geste dessine. Les deux se pratiquent avec le même mouliné et les mêmes aiguilles.

Combien de temps pour un premier motif ?

Un petit motif floral de cinq centimètres, en trois couleurs, prend une à deux heures la première fois. Un monogramme au point de tige, une demi-heure. Un motif qui couvre le dos d'une veste peut représenter vingt heures : c'est un projet de plusieurs semaines, à faire par sessions de vingt minutes.

Les feutres de report se testent toujours sur une chute du même tissu : certains marqueurs dits effaçables réapparaissent avec la chaleur du fer.

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